
Sermon d’archiprêtre Émilien
Le Christ est ressuscité, chers frères et sœurs !
L’Évangile de ce cinquième dimanche après Pâques nous parle de la rencontre du Christ avec la Samaritaine près du puits. À première vue, c’est une scène ordinaire : un jour ordinaire, une femme ordinaire, un besoin humain simple — la soif. Mais c’est précisément là qu’a lieu une rencontre qui change toute une vie.
La Samaritaine était venue chercher de l’eau simple, mais le Seigneur lui révèle l’Eau vive — celle qui peut désaltérer l’âme humaine pour toujours.
Et aujourd’hui, cet Évangile s’adresse aussi à chacun de nous.
Car l’homme moderne porte lui aussi une soif intérieure : la soif de paix, d’amour, de compréhension, de chaleur humaine et de soutien.
Regardons comment le Christ parle à la Samaritaine. Il ne l’humilie pas. Il ne l’accuse pas. Il ne la condamne pas.
Mais nous, les hommes, nous agissons souvent autrement. Il nous est plus facile de juger que de comprendre, plus facile d’accuser que de soutenir.
Car parler avec beauté, tout le monde peut le faire. Mais la foi commence là où apparaissent les actes.
Après sa rencontre avec le Sauveur, la Samaritaine n’était plus la même. Car une véritable rencontre avec Dieu transforme toujours l’homme.
Nous approchons déjà de l’Ascension du Seigneur. Le temps passe vite. Ne remettons donc pas Dieu “à plus tard”.
Que la paix règne dans nos maisons. Que l’amour habite nos cœurs. En vérité, le Christ est ressuscité !
10.05.2026 Archiprêtre Émilien
AU SUJET DE LA SAMARITAINE
Le cinquième dimanche après Pâques, est commémoré le dialogue entre le Seigneur Jésus-Christ et la femme samaritaine. Cet événement, qui eut lieu lors de la Pentecôte juive, est commémoré ce dimanche parce qu’il constitue le témoignage manifeste de la gloire Divine du Sauveur ressuscité. En effet, après le dialogue avec le Seigneur, la Samaritaine et ses concitoyens furent convaincus que l’initiateur du dialogue, est réellement le Sauveur du monde, le Christ (Jn. IV, 41-42).
Dans Ses paroles «L’heure vient et nous y sommes, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et vérité», le Seigneur Jésus-Christ montre le caractère distinctif de l’office chrétien par rapport à l’office vétérotestamentaire: l’office chrétien est l’adoration la plus élevée et la plus parfaite, un service spirituel et véritable, contrairement au sacrifice vétérotestamentaire, sensuel et préfigurant. Prie Dieu en esprit celui qui, prononçant les paroles de la prière, les dit non pas seulement avec les lèvres, mais de toute son âme et de tout son cœur; celui qui, se protégeant avec le signe de la Croix du Christ regarde en esprit le Seigneur crucifié Lui-même sur la Croix; celui qui, inclinant son cou, incline son cœur et son âme devant Dieu; celui qui, se prosternant à terre, se remet tout entier entre les mains de Dieu dans une profonde humilité et la contrition du cœur, dans la soumission complète à la volonté de Dieu; celui qui, se tenant devant l’icône du Seigneur ou de Sa Très-Pure Mère, se tient devant le Seigneur ou la Mère de Dieu eux-mêmes. L’office de ce jour rappelle en outre que c’est par des «douces paroles», que le Christ amène la Samaritaine «à demander l’eau éternelle» (doxasticon des laudes).
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