Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.
Chers frères et sœurs,
Aujourd’hui est une journée particulièrement riche.
Hier soir, nous avons sorti du sanctuaire la Croix vivifiante du Seigneur. Ce matin, nous avons béni l’eau. Nous avons célébré ensemble la Divine Liturgie, et maintenant nous avons également béni le miel.
Et avec tout cela, aujourd’hui nous entrons dans le Carême de la Dormition.
Pourquoi l’Église met-elle devant nous aujourd’hui toutes ces choses ?
La Croix nous rappelle que chacun porte quelque chose dans sa vie. Parfois quelque chose de lourd, que les autres ne voient même pas. Mais avec le Christ, nous ne portons jamais notre croix seuls.
L’eau que nous avons bénie nous rappelle que notre âme aussi a besoin d’être purifiée : de la colère, des rancunes, des jugements, de tout ce qui nous éloigne les uns des autres et de Dieu.
Et le miel que nous venons de bénir nous rappelle une chose très simple et très belle : avec Dieu, même au milieu des difficultés, la vie garde sa douceur.
Voilà avec quoi nous commençons aujourd’hui ce Carême.
Pas seulement en changeant ce que nous mangeons. Essayons surtout de changer quelque chose en nous-mêmes.
Moins juger.
Davantage pardonner.
Un peu moins parler inutilement.
Un peu plus prier.
Et surtout, essayer d’aimer davantage.
Que la Croix nous donne la force, que l’eau bénite nous rappelle la pureté du cœur, et que le miel nous rappelle la douceur de l’amour de Dieu.
Et que la Très Sainte Mère de Dieu nous accompagne pendant ces jours du Carême de la Dormition.
Amen.

« En ce jour, on avait coutume à Constantinople, de sortir la relique de la précieuse Croix du palais impérial et de la porter à Sainte-Sophie, escortée par une foule de prêtres et de diacres qui l’encensaient sur le parcours. On s’arrêtait d’abord au petit baptistère, où l’on célébrait l’office de la sanctification des eaux, puis on déposait la Croix sur l’autel de Sainte-Sophie. De la Grande Église, on faisait, les jours suivants, le tour de la ville, quartier par quartier, jusqu’à la veille de la fête de la Dormition (14 août), afin de purifier l’air et de protéger les habitants de la capitale des épidémies qui se répandaient plus facilement en ces jours de chaleur. Après avoir ainsi procuré la santé et le réconfort à tous ceux qui la vénéraient avec foi, la sainte Croix était alors ramenée au palais ».
(Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras)

Dans le «Compte de l’Ordre des offices de la sainte, Catholique et Apostolique Grande église de la Dormition», établi en 1627 par ordre du Patriarche Philarète de Moscou et de toute la Russie, se trouve une l’explication suivante de la fête: «Le jour de la procession de la Croix vénérable l’Eglise fait une procession pour la sanctification de l’eau et pour l’édification du peuple, dans toutes les villes et les lieux».

Dans la pratique actuelle de l’Eglise russe, la Petite bénédiction de l’eau du 14 août se déroule soit avant soit après la Liturgie. En raison de ce rituel de l’eau, cette première fête du Sauveur en Août est appelée « Sauveur de l’Eau ». Ce même jour, a lieu également la bénédiction du nouveau miel, c’est pourquoi on appelle aussi cette fête «Sauveur du miel»: à partir de ce moment, le miel nouvellement recueilli est béni et goûté.
