À l’occasion du 27e anniversaire de son ordination, les fidèles de la cathédrale de l’Exaltation de la Sainte Croix adressent leurs sincères félicitations à leur bien-aimé archiprêtre Émilien :

Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit !

Chers frères et sœurs,

Aujourd’hui, nous célébrons la mémoire de sainte Parascève. Un jour, alors qu’elle se trouvait à l’église, elle entendit ces paroles du Seigneur : « Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive. »

Nous aussi, nous avons souvent entendu ces paroles. Mais Parascève les a reçues comme un appel qui lui était personnellement adressé. Elle s’est mise à secourir les pauvres, à partager ce qu’elle possédait, puis elle a consacré sa vie à la prière et à l’ascèse.

Cela nous pose une question : que devient l’Évangile une fois que nous sortons de l’église ?

Pendant l’office, tout nous paraît clair. Nous sommes d’accord : il faut pardonner, être miséricordieux, faire confiance à Dieu. Puis nous rentrons chez nous. Quelqu’un nous blesse par une parole, les choses ne se passent pas comme nous le souhaitons, les soucis s’accumulent. C’est précisément à ce moment-là que nous sommes appelés à mettre en pratique ce que nous avons entendu.

Nous pouvons longtemps chercher un grand sacrifice à accomplir, tout en passant à côté de celui qui a besoin de notre aide aujourd’hui. Nous pouvons désirer le silence pour prier, et nous irriter contre la personne qui vient troubler notre tranquillité.

Sainte Parascève nous apprend à répondre à Dieu par notre manière de vivre. Pour l’un, cette réponse sera de prendre soin d’un malade. Pour un autre, d’accomplir honnêtement son travail. Certains auront à demander pardon les premiers. D’autres, à trouver la patience d’écouter un proche qu’ils ont depuis longtemps cessé d’entendre.

C’est ainsi que, peu à peu, la foi transforme nos habitudes, nos décisions et nos relations.

Cette journée a aussi pour moi une signification toute particulière. Il y a vingt-sept ans, le 27 octobre 1999, j’ai été ordonné prêtre.

En ce jour, je désire avant tout remercier Dieu de pouvoir me tenir devant son autel, célébrer la Divine Liturgie et servir les hommes.

Lorsqu’on reçoit l’ordination, toute une vie s’ouvre devant soi, et l’on ignore encore beaucoup de choses. Avec les années, on mesure davantage la responsabilité qui nous a été confiée. Les personnes viennent trouver le prêtre avec ce qu’elles portent de plus précieux : la joie de la naissance d’un enfant, l’espérance de fonder une famille, leur repentir, la maladie, le deuil, des questions auxquelles il est difficile de répondre.

Il faut alors apprendre à accueillir chacun avec délicatesse. Ne pas se précipiter pour parler. Se souvenir que devant nous se tient une personne que le Seigneur aime.

Au fil des années, je comprends toujours mieux combien un prêtre a besoin de la prière des autres. Nous aussi, nous connaissons la fatigue, nous commettons des erreurs, nous avons besoin de soutien et du pardon de Dieu. C’est pourquoi je vous demande aujourd’hui de prier pour moi : que le Seigneur m’aide à servir avec attention, patience et amour ; qu’au milieu de toutes mes occupations, je sache toujours voir la personne qui est devant moi.

Je remercie tous ceux qui ont prié pour moi, qui m’ont aidé et soutenu sur ce chemin. Je vous demande pardon si j’ai blessé quelqu’un par une parole, par mon manque d’attention ou par ma précipitation.

La mémoire de sainte Parascève me rappelle aujourd’hui que notre réponse à l’appel de Dieu doit se poursuivre, même bien des années après notre premier engagement. Le prêtre s’approche à nouveau de l’autel, les époux continuent de prendre soin l’un de l’autre, les parents élèvent leurs enfants, celui qui est tombé se relève. La fidélité grandit à travers ces réponses quotidiennes à Dieu.

Que chacun de nous se souvienne aujourd’hui d’une bonne intention dont il remet toujours la réalisation à plus tard, et qu’il fasse au moins un pas pour l’accomplir.

Quant à moi, je demande en ce jour au Seigneur la force de poursuivre avec reconnaissance le ministère qu’il m’a confié.

Sainte Parascève, prie Dieu pour nous !

Amen.

Chers frères et sœurs, bonne fête à tous !

Sainte Parascève vécut au XIᵉ siècle. Dès sa jeunesse, elle désira suivre le Christ de tout son cœur, secourut les pauvres et consacra sa vie à la prière. Devenue moniale, elle mena une vie d’ascèse dans le désert du Jourdain, puis retourna dans son pays avant de s’endormir dans le Seigneur. Ses saintes reliques reposent aujourd’hui à Iași, en Roumanie.

Son exemple nous rappelle que l’amour de Dieu se manifeste dans l’attention au prochain, la patience et la miséricorde.

Par ses prières, que le Seigneur fortifie notre foi, accorde la paix à nos familles et console tous ceux qui souffrent !

Sainte Parascève, prie Dieu pour nous !


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