
Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.
Chers frères et sœurs,
Voilà déjà quelques jours que nous sommes entrés dans le Carême de la Dormition.
Et aujourd’hui, j’aimerais poser une question à chacun de nous — et d’abord à moi-même :
qu’est-ce qui devrait changer en moi pendant ces deux semaines ?
Seulement ce que je mange ?
Seulement le fait qu’aujourd’hui je renonce à certains aliments ?
Bien sûr, cela fait aussi partie du Carême.
Mais si ces deux semaines passent et que je reste toujours aussi impatient, si je continue à juger les autres, si je garde les mêmes vieilles blessures dans mon cœur…
Alors, qu’est-ce qui aura vraiment changé ?
Et regardez comme c’est intéressant : aujourd’hui justement, dans l’Évangile, le Seigneur nous parle du pardon.
Un homme avait une dette immense.
Tellement grande qu’il était pratiquement incapable de la rembourser.
Et on lui pardonne tout.
Imaginez un peu ce qu’il a dû ressentir !
Il sort libre.
On vient de lui enlever un poids immense.
Mais juste après, il rencontre un autre homme qui lui doit beaucoup moins.
Et qu’est-ce qu’il fait ?
Il ne lui pardonne pas.
Et ici, chers frères et sœurs, ne jugeons pas trop vite cet homme.
Parce que parfois, nous lui ressemblons beaucoup.
Chaque matin, chaque soir, nous disons :
« Seigneur, aie pitié de moi. »
« Seigneur, pardonne-moi. »
Et le Seigneur nous pardonne.
Puis nous sortons de l’église, nous rentrons chez nous…
Quelqu’un nous dit une parole qui ne nous plaît pas.
Quelqu’un nous regarde d’une manière qui nous blesse.
Quelqu’un nous fait du mal…
Et voilà.
Nous n’arrivons plus à pardonner.
Et parfois, nous gardons cela en nous non pas un jour, non pas une semaine, mais pendant des années.
Alors peut-être qu’aujourd’hui chacun de nous peut se poser simplement cette question :
Y a-t-il dans ma vie quelqu’un à qui je n’ai toujours pas pardonné ?
Il n’est pas nécessaire de dire son nom.
Pensons simplement à cette personne.
Peut-être que notre véritable Carême de la Dormition doit commencer justement là.
Pas seulement en retirant quelque chose de notre table.
Mais en essayant d’enlever quelque chose de lourd de notre cœur.
Une rancune.
Une colère.
Un jugement.
Ce besoin de toujours prouver que j’ai raison.
Regardons la Mère de Dieu.
Combien de souffrances Elle a connues dans Sa vie !
Et pourtant, nous ne voyons jamais en Elle de haine, de colère ou de désir de vengeance.
Elle savait tout remettre entre les mains de Dieu.
Voilà ce que nous devons apprendre, nous aussi.
Il nous reste encore quelques jours de Carême.
Ne nous donnons pas des objectifs impossibles.
Que chacun fasse simplement un petit pas, mais un vrai pas.
Téléphoner à quelqu’un.
Demander pardon.
Pardonner à quelqu’un.
Ou peut-être simplement arrêter de revenir chaque jour, dans nos pensées, à une vieille blessure.
Alors ce Carême changera vraiment quelque chose en nous.
Parce que, mes chers frères et sœurs, Dieu ne regarde pas seulement ce qu’il y a aujourd’hui sur notre table.
Il regarde surtout ce qu’il y a aujourd’hui dans notre cœur.
Demandons à la Mère de Dieu de nous aider à vivre ces deux petites semaines de telle manière qu’à la fête de Sa Dormition, nous n’arrivions pas simplement après avoir observé le Carême…
mais que nous arrivions un peu différents.
Un peu plus paisibles.
Un peu plus bienveillants.
Un peu plus miséricordieux.
Et surtout…
un peu plus proches du Christ.
Amen.
