
Sermon d`Archiprêtre Émilien Pochinok
Chaque personne s’est déjà demandé au moins une fois : « Pourquoi moi ? » Il nous semble souvent que seules des personnes extraordinaires peuvent accomplir de grandes choses.
Mais l’Évangile d’aujourd’hui nous révèle tout autre chose. Le Seigneur marche au bord du lac de Galilée et voit de simples pêcheurs. C’est à eux qu’Il dit : « Suivez‑Moi ».
Le Christ ne leur demande ni leurs mérites ni leurs réussites. Il regarde le cœur de l’homme.
Le Seigneur agit de la même manière aujourd’hui. Dieu ne cherche pas des personnes parfaites. Dieu cherche des personnes prêtes à Lui faire confiance.
Nous remettons souvent notre vie spirituelle à plus tard. Pourtant le Seigneur nous dit : « Suis‑Moi maintenant ».
Aujourd’hui l’Église glorifie tous les saints qui ont resplendi sur la terre russe. Ils étaient très différents, mais tous ont répondu à l’appel de Dieu.
Les saints ne sont pas nés saints. Ils ont connu les peurs, les doutes et les épreuves, mais ils ont laissé Dieu agir dans leur vie.
Je répète souvent : il est plus facile de détruire que de construire ; plus facile de blesser que de pardonner ; plus facile de mentir que de dire la vérité ; plus facile de repousser quelqu’un que de l’aimer.
C’est précisément dans ce choix quotidien que commence le chemin vers la sainteté.
L’amour envers les parents, l’attention portée aux enfants, la fidélité à la famille et l’aide au prochain deviennent notre réponse à Dieu.
Les enfants sont notre investissement vivant dans la vie. Le plus grand héritage que nous puissions leur laisser est la foi et l’amour.
Aujourd’hui encore, le Christ passe près de chacun de nous et dit : « Suis‑Moi ». La question n’est pas de savoir si nous sommes dignes, mais si notre cœur est prêt à répondre à Dieu.
Par les prières de tous les saints qui ont resplendi sur la terre russe, que le Seigneur nous accorde un cœur ouvert, capable d’aimer, de pardonner et de croire. Amen.
Archiprêtre Émilien Pochinok

Sermon du père Paul Tzvetkoff
Tropaire des saints de la Terre russe, ton 8
Tel le fruit magnifique de Ta semence salvatrice, la terre de Russie T’offre Seigneur, tous les Saints qui y ont brillé. Par leurs prières, garde dans une paix profonde l’Eglise et notre pays, par les prières de la Mère de Dieu, Très miséricordieux.
Kondakion des saints de la Terre russe, ton 3
En ce jour, le chœur des saints qui en notre terre plurent à Dieu, est présent à l’église et prie invisiblement pour nous ; les Anges l’accompagnent dans leurs louanges et tous les Saints de l’Église du Christ sont en fête avec Lui ; tous ensemble prient pour nous le Dieu d’avant les siècles.
LA FÊTE DE TOUS LES SAINTS GLORIFIÉS EN TERRE RUSSE
Source: FEUILLETS LITURGIQUES DE LA CATHÉDRALE DE L’EXALTATION DE LA SAINTE CROIX
Le rétablissement de la fête de tous les Saints glorifiés en Russie coïncide historiquement avec celui du patriarcat dans l’Église Russe. Durant la période préconciliaire, le Saint-Synode de l’Église Orthodoxe Russe n’avait pas l’intention de remettre en vigueur la célébration de la synaxe des Saints russes, qui était apparue au XVIème siècle. En 1908, un paysan de la province de Vladimir, Nicolas Gazoukine, demanda au Saint-Synode d’établir une fête annuelle « de tous les saints de Russie» et «d’honorer ce jour avec un office particulier». Cette requête fut déclinée, le Saint-Synode considérant que la mémoire des Saints russes était déjà commémorée dans le cadre de la fête de tous les saints. Néanmoins, le Concile local de l’Église Russe, en 1917-1918 rétablit cette fête, et ce grâce aux efforts conjugués du professeur de l’université de Petrograd Boris Touraïev et du hiéromoine Athanase (Sakharov), futur confesseur de la foi, canonisé maintenant officiellement. Le premier présenta un rapport le 15 mars 1918 au Concile, dans lequel il mentionnait, entre autres, «qu’à notre triste époque, lorsque la Russie une est déchirée, lorsque notre génération pécheresse voit piétiner les fruits des labeurs des saints qui ont vécu dans l’ascèse dans les grottes de Kiev, à Moscou, dans la Thébaïde du Nord, et dans l’ouest de la Russie pour créer une seule Église Orthodoxe Russe, il serait opportun de rétablir cette fête oubliée…» Ledit rapport fut examiné par le concile et, enfin, le 26 août, le jour de la fête onomastique du saint patriarche Tykhon, fut prise la décision de rétablir la fête de tous les saints russes, sa date étant fixée au premier dimanche du carême des saints Apôtres. Le Concile décida d’imprimer l’ancien office composé par le moine Grégoire, avec des corrections. Cependant, le professeur Touraïev et le hiéromoine Athanase arrivèrent vite à la conclusion que l’on ne pouvait qu’emprunter une toute petite partie dudit office, et qu’il était indispensable de refaire tout le reste. Encore incomplet, l’office fut présenté le 8 septembre 1918, à l’avant-dernière cession de la commission liturgique du Concile, qui l’approuva et le soumit au Patriarche et au Saint-Synode qui, après la fin du Concile, donnèrent leur bénédiction pour imprimer le nouvel office, sous la direction du métropolite Serge (Stragorodsky). L’impression fut achevée à Moscou à la fin de 1918, dans de grandes difficultés. Malheureusement, en raison des événements de 1917, la fête rétablie par le Concile a failli tomber dans l’oubli comme cela avait été le cas dans le passé. En outre, le professeur Touraïev décéda en 1920. En automne 1922, le saint hiérarque Athanase (Sakharov), lors de sa première arrestation dans la cellule N°17 de la prison de Vladimir, rencontra tout un groupe qui partageait ses idées quant à la fête qui avait été rétablie. Selon le témoignage de St Athanase, cette assemblée de détenus, «après nombre de discussions animées au sujet de la fête, de l’office, de l’icône, de l’église dédiée à cette fête, posa les fondements d’une nouvelle révision de l’office imprimé en 1918, avec des corrections et des compléments ». C’est ainsi que l’office connut nombre de changements: on déplaça certains hymnes, des nouveaux saints furent introduits, lesquels n’avaient pas été mentionnés dans la version de 1918. Enfin, dans le même lieu, toujours en prison, le 10 novembre 1922, alors que l’on commémorait le trépas de St Dimitri de Rostov, auteur des célèbres vies de saints, fut célébrée, pour la première fois, la fête de tous les saints russes. Le 1er mars 1923, dans la cellule n°121 de la prison de Tagansk, St Athanase bénit le premier antimension en l’honneur de tous les Saints de Russie, destinée à sa chapelle privée. S. Athanase continua à travailler le texte de l’office de tous les saints de Russie jusqu’à son bienheureux trépas, en 1962.