Tropaire de Tous les Saints, ton 4

Ornée du sang de Tes martyrs du monde entier comme de pourpre et de lin, Ton Église Te clame par leur intercession, ô Christ Dieu : étends Ta compassion sur Tes fidèles ; accorde la paix à Ton peuple et à nos âmes la grande miséricorde.

Kondakion de Tous les Saints, ton 8

Comme prémices de la nature, le monde entier T’offre, Seigneur, les martyrs théophores, à Toi l’Auteur de la création ; par leurs supplications et les prières de la Mère de Dieu, garde Ton Église dans une paix profonde, ô Très- miséricordieux.


Sermon d’archiprêtre Emilien Pochinok

Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit !

Il y a une chose que l’homme craint toute sa vie.

Ni la pauvreté. Ni la maladie. Ni la vieillesse.

L’homme craint d’être oublié.

Parfois, une personne ouvre un vieil album de famille. Elle reconnaît ses parents, ses grands-parents. Puis elle demande : « Qui est cette personne ? » Et personne ne le sait plus.

Когда-то этого человека любили. Когда-то его ждали дома. Когда-то его имя произносили каждый день.

И если смотреть только человеческими глазами, в этом есть что-то очень печальное.

Но сегодняшний праздник приносит нам удивительную надежду.

У Бога нет забытых людей.

Autrefois cette personne était aimée. On l’attendait à la maison. Son nom était prononcé chaque jour.

Et si nous regardons cela avec des yeux humains, il y a quelque chose de profondément triste.

Mais la fête d’aujourd’hui nous apporte une immense espérance.

Pour Dieu, personne n’est oublié.

Сегодня Церковь празднует память всех святых.

Не только тех, чьи имена знает весь мир.

Но и тех, чьи имена знает только Господь.

Сколько матерей молились за своих детей. Сколько отцов жертвовали собой ради семьи. Сколько людей творили добро и никому об этом не рассказывали.

Aujourd’hui l’Église célèbre la mémoire de tous les saints.

Non seulement ceux que le monde entier connaît.

Mais aussi ceux dont Dieu seul connaît le nom.

Combien de mères ont prié pour leurs enfants. Combien de pères se sont sacrifiés pour leur famille. Combien de personnes ont fait le bien sans en parler à personne.

История может не сохранить их имена, но Бог сохранил.

Мы часто переживаем, что нас не понимают, не замечают и не благодарят.

Но самый важный вопрос не в том, знают ли нас люди.

Самый важный вопрос — знает ли нас Бог.

L’histoire n’a peut-être pas gardé leurs noms, mais Dieu les a gardés.

Nous souffrons souvent parce que nous ne sommes pas compris, remarqués ou remerciés.

Mais la question la plus importante n’est pas de savoir si les hommes nous connaissent.

La question la plus importante est de savoir si Dieu nous connaît.

Дети — это наше живое вложение в жизнь.

Но самое большое наследство, которое мы можем им оставить, — это вера, любовь и пример доброй жизни.

Легче разрушить, чем построить. Легче обидеть, чем попросить прощения. Легче оттолкнуть, чем полюбить.

Но именно любовь делает человека святым.

Les enfants sont notre investissement vivant dans la vie.

Mais le plus grand héritage que nous puissions leur laisser est la foi, l’amour et l’exemple d’une vie bonne.

Il est plus facile de détruire que de construire. Plus facile de blesser que de demander pardon. Plus facile de repousser que d’aimer.

Pourtant, c’est l’amour qui rend l’homme saint.

Поэтому, дорогие братья и сестры, если сегодня после службы вы запомните только одну мысль, пусть это будут слова:

«У Бога нет забытых людей».

И самая большая радость человека — однажды услышать от Господа:

«Я знаю тебя».

Аминь.

Ainsi, chers frères et sœurs, si aujourd’hui vous ne retenez qu’une seule pensée après l’office, que ce soit celle-ci :

« Pour Dieu, personne n’est oublié ».

Et la plus grande joie de l’homme sera un jour d’entendre le Seigneur lui dire :

« Je te connais ».

Amen.




LOUEZ DIEU DANS SES SAINTS !

Introduction au Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras (version abrégée)

Les Saints vivent dans le Christ Jésus et le Christ vit en eux. Dans les Saints, Il répète inlassablement, jusqu’à la fin du monde, le mystère unique de Sa mort et de Sa Résurrection, de l’incarnation de Dieu et de la déification de l’homme. Sur les fresques représentant les Martyrs et les Saints militaires – celles de certains réfectoires du Mont Athos notamment – on constate que si les Saints ont des postures, des vêtements et des attributs différents, ils ont à peu près tous le même visage, et ce visage est celui du Christ. Tels sont en effet les Saints: identiques en Christ, mais infiniment divers dans leurs caractères personnels et les conditions dans lesquelles ils ont reproduit l’œuvre du Sauveur, dans un lieu et à un moment donnés. Chez les Saints toutefois cette reproduction de la Passion du Seigneur n’est pas morne répétition. Elle est toujours nouvelle, toujours originale, toujours unique et contribue de manière irremplaçable à l’édification de l’Église des premiers-nés. Le Seigneur Jésus a ouvert la voie, Il a sauvé la nature humaine en mettant à mort dans Son propre corps la mort, mais il faut maintenant que chaque personne participe librement à cette œuvre de salut. Ce qui manque aux tribulations du Christ, écrit Saint Paul, je le complète dans ma chair au profit de Son corps qui est l’Église (Col I, 24). Ces paroles de l’Apôtre ne signifient pas qu’il manque quoi que ce soit à l’œuvre du Christ et à notre Rédemption, mais seulement que chacun d’entre nous doit communier volontairement et de manière personnelle à Sa Passion, pour avoir part à l’héritage des Saints dans la lumière de Dieu (ibid.).

Unis au Christ par la foi et la grâce, les Saints accomplissent les œuvres du Christ (Jn XIV, 12). Habitant en eux par le Saint-Esprit, c’est le Christ Lui-même qui accomplit par eux des miracles, convertit les païens, enseigne les secrets de la science spirituelle, réconcilie les ennemis et donne à leur corps la force d’affronter avec joie les plus horribles tortures ; de sorte que l’Évangile ne cesse d’être écrit jusqu’aujourd’hui par les œuvres évangéliques des Saints. Voilà pourquoi les Saints, proches et lointains, anciens et nouveaux, sont pour nous des guides sûrs nous conduisant au Christ qui habite en eux. Devenez mes imitateurs, tout comme je le suis moi-même du Christ (I Cor XI, 1), nous disent-ils avec saint Paul. Si nous voulons faire resplendir en nous l’image du Christ, nous devons donc souvent tourner nos regards vers les Saints pour avoir des exemples vécus et pratiques de la marche à suivre. Le peintre qui désire faire le portrait d’une personne qu’il ne voit pas devant lui, se sert de reproductions, les regarde attentivement, les compare pour s’en inspirer, de même nous faut-il regarder vers les Saints, lire leurs Vies, les comparer, pour savoir comment progresser dans la vie en Christ.

En lisant assidûment les Vies des Saints, en vivant avec tous les Saints (Eph III, 18), en nous promenant chaque jour dans ce jardin spirituel qu’est le Synaxaire, nous trouverons peu à peu certains Saints qui attirent davantage notre sympathie, notre émotion, notre affection. Ils deviendront pour nous comme des amis intimes à qui nous aimerions confier nos joies et nos peines, à qui nous demanderions plus spécialement le secours de leurs prières, dont nous aimerions souvent relire la Vie, chanter les tropaires et vénérer l’icône. Ces amis intimes seront pour nous une puissante consolation et des guides privilégiés sur la route étroite qui nous mène au Christ (Mt VII, 14). Nous ne sommes pas seuls sur ce chemin et dans ce combat, nous avons avec nous notre Mère, la Toute-Sainte Mère de Dieu, notre Ange Gardien, le Saint dont nous portons le nom et ces quelques amis que nous aurons choisis parmi la grande Assemblée des témoins de l’Agneau. Et si nous trébuchons sous l’effet du péché, ils nous relèveront ; lorsque nous serons tentés par le désespoir, ils nous rappelleront qu’avant nous, et plus que nous, ils ont souffert pour le Christ et goûtent désormais à la joie éternelle. Ainsi, sur le chemin rocailleux de cette vie, ces saints amis nous feront voir un peu de la lumière de la Résurrection. Cherchons donc dans les Vies des Saints ces quelques amis intimes et, avec tous les Saints, marchons vers le Christ.

Dans notre vie spirituelle, nous pouvons communiquer quotidiennement avec les saints de trois façons: en chantant leurs hymnes et leur office liturgique, en vénérant leur icône et en lisant leur Vie dans le Synaxaire. S’il est difficile à ceux qui vivent dans le monde de se rendre chaque jour à l’église pour chanter les louanges des saints, tous les chrétiens peuvent cependant chez eux, seuls ou en famille, chanter le tropaire des Saints du jour, tous peuvent vénérer leur icône, tous peuvent consacrer quelques instants à lire ou à relire leur Vie dans le Synaxaire. Toutefois, la lecture quotidienne de ces résumés des Vies des Saints ne nous sera vraiment profitable que si nous nous approchons d’eux avec les mêmes dispositions que lorsque nous vénérons une icône. Si imparfaites soient-elles, les notices du Synaxaire sont, en effet, dans le domaine du récit ce que sont les icônes dans le domaine de l’image : elles nous rendent le saint présent et peuvent nous apporter autant de grâce que les saintes icônes. Tout dépend de la simplicité de notre cœur.

Ainsi, où que nous nous trouvions, quel que soit l’état de notre avancement spirituel, quel que soit notre désir de consacrer notre vie à Dieu, nous trouverons dans le Synaxaire un renouvellement de nos forces et comme un avant-goût de la vie éternelle, où tous les saints danseront avec les anges autour du trône de Dieu en disant: Saint, Saint, Saint est le Seigneur le Dieu Tout-Puissant, Celui qui était, qui est et qui vient ! (Ap IV, 8).

AU SUJET DU CARÊME DES SAINTS APÔTRES

Le lundi 12 juin commence le carême des saints Apôtres, qui se termine le 12 juillet, jour où l’on célèbre la mémoire de St Pierre et St Paul. Ce carême n’est pas un geste arbitraire de l’Église. Il nous fait imiter les saints Apôtres qui, après avoir reçu l’Esprit Saint et Vivificateur, se sont dispersés depuis Jérusalem, dans le jeûne et la prière, pour prêcher l’Evangile (cf. Actes XIII, 2).

Ce carême est ancien, son existence étant témoignée dans de nombreux documents des IVème et Vème siècles, notamment dans les écrits de St Athanase le Grand, St Ambroise de Milan et St Léon le Grand, pape de Rome.

Durant ce carême, le typicon concède l’usage de poisson le samedi et le dimanche, ainsi que le mardi et le jeudi si l’on fête un Saint en l’honneur duquel on chante la grande doxologie à matines. S’il n’y a aucune fête, le lundi, le mercredi et le vendredi, il y a jeûne strict, tandis qu’il y a dispense d’huile et de vin le mardi et le jeudi.

En tout état de cause, chacun doit jeûner avec discernement, en se souvenant que, selon les Pères de l’Église, le jeûne a pour but de tuer les passions et non point le corps.


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Sermon du père Paul Tzvetkoff en 2025

Sermon de l’Evêque Irénée, enregistré à Genève après la Divine Liturgie le jour de la Fête en 2022 (russe/français)